
Quelles sont les mesures prioritaires pour garantir la protection des jeunes filles pendant cette crise à Bukavu ?

Dans de telles situations, les jeunes filles sont les plus exposées à différentes formes de violence, après les enfants. Et celles-ci, en réalité, ne les épargnent pas, car certains cas de viol et d’assassinat ont été rapportés depuis le début des hostilités.
Premièrement, il est essentiel que toutes les parties en conflit respectent les droits des civils, en particulier ceux des jeunes filles. Les belligérants doivent s’engager à éviter toute forme de violence sexuelle et à protéger les femmes et les filles pendant leurs opérations militaires.
Deuxièmement, les ONG de défense des droits des femmes et des filles doivent intensifier leurs efforts pour sensibiliser et éduquer les jeunes filles sur leurs droits, et proposer des initiatives de solidarité féminine pouvant venir en soutien à celles qui rencontrent des difficultés d’accès aux kits hygiéniques, en tenant compte de nos conditions sexo-spécifiques.
Troisièmement, il est important de souligner la responsabilité individuelle de chaque jeune fille en zone de conflit militaire. Elles doivent être encouragées à éviter les zones isolées, à ne pas sortir tard le soir, à s’habiller decement pour éviter d’attirer l’attention, et à se rendre rapidement dans une structure de santé en cas de viol pour bénéficier d’une prise en charge médicale. La sensibilisation à ces comportements doit être faite avec soin afin de ne pas culpabiliser les victimes.
La communauté doit créer un environnement sûr pour les jeunes filles et dénoncer toute forme de violence. Le soutien psychologique et matériel aux victimes est également important pour leur réhabilitation.
Oui, avec un soutien communautaire fort, elles peuvent surmonter les traumatismes subis. L’assistance psychologique, l’éducation et des opportunités économiques sont essentielles pour leur réhabilitation et leur autonomie.
Pourquoi est-il important que les jeunes s’impliquent dans ces efforts ?
La jeunesse a un rôle clé à jouer dans la transformation de leur communauté. En s’engageant activement, ils peuvent non seulement aider à protéger et soutenir les jeunes filles pendant cette période, mais aussi contribuer à bâtir un avenir plus sûr et équitable pour tous.
Les jeunes peuvent organiser des campagnes de sensibilisation sur les droits des femmes, créer des groupes de soutien pour aider les victimes, s’impliquer dans des projets économiques pour enseigner des compétences professionnelles et plaider auprès des autorités locales pour exiger des mesures concrètes en faveur de la protection des jeunes filles pendant cette période de crise et après.

Qu’est-ce qui est arrivé exactement en RDC ?
En effet, pendant près de trois décennies, l’est de la République démocratique du Congo a été confronté à une déstabilisation sécuritaire causée par des groupes armés nationaux et étrangers, en raison de son attractivité en ressources minières.
Cependant, la fin de l’année 2023 marque la naissance d’un nouveau mouvement politico-militaire, un terme qui le distingue d’un simple groupe armé de brousse animé par une boulimie minière, avec un nouveau mode opératoire : « Faire échec au régime en place ». Rendu public à Nairobi, au Kenya, le 17/12/2023, ce mouvement a réalisé une avancée significative en prenant le contrôle des grandes agglomérations de la partie orientale du pays, dont Bukavu, la deuxième grande ville de cette région. L’assaut a débuté le vendredi 14/02/ 2025 avec la prise de l’aéroport national de Kavumu.
Le samedi 15/02/2025, le repli dit « stratégique » des forces de défense du gouvernement (pour éviter le front en plein centre-ville, selon certaines sources) a laissé toute une journée de vide sécuritaire, entraînant des scènes de « chaos » et de « pillages », ainsi que l’évasion de prisonniers et le « retentissement des balles dans tous les sens », car, les armes étaient ramassées, et ceux qui savaient s’en servir faisaient la loi.
Les habitants ont paniqué en mémoire de ce qui s’était passé à Goma (la ville voisine où l’ONU a documenté plus de 3000 morts) lors de la prise de cette ville. Cependant, le dimanche 16/02/2024, un climat de calme semblait revenir.
Tôt le matin, sur la Route nationale numéro 2, des habitants pouvaient apercevoir de longs fils militaires bien armés. Certains prenaient la colline Camp TV, d’autres se dirigeaient vers labotte (avenue abritant le gouvernorat de province), d’autres encore vers la frontière avec la République du Rwanda, tandis que d’autres se rendaient au camp Saïo (principal camp militaire de la ville).
C’est ainsi que la montagneuse ville de Bukavu est tombée.
Merci pour votre Attention!



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