Miriella T-One: La sauvegarde de l’éducation à Bukavu et l’apport des jeunes en temps de guerre


De mon humble avis, et comme nul ne l’ignore, l’éducation, étant l’un des droits fondamentaux de tout être humain, est un domaine sensible à l’environnement qui la conçoit.
Elle peut être influencée positivement ou négativement par les circonstances dans lesquelles elle est dispensée. Je pense qu’une situation sécuritaire précaire est la pire des causes de déviation d’une éducation saine, dans la mesure où elle détruit le fondement même de l’accès à cette éducation.
Aucun enfant ne peut apprendre dans la peur et le traumatisme de la guerre. Aucun parent ne peut envoyer son enfant à l’école en pleine incertitude quant à son retour, et aucun enseignant ne peut espérer voir ses droits rétablis, même s’il a fait preuve du plus grand sacrifice.On ne peut espérer bâtir une génération sur des valeurs qu’elle n’a pas apprises en grandissant.


Je pense que l’éducation des enfants aujourd’hui est l’âme de la nation de demain. L’enfant devient ce qu’on lui transmet. Cela signifie pour moi que même si tout s’effondre, l’accès à l’éducation doit rester la priorité de tous, peu importe le prix à payer ou les conditions à réunir. C’est un droit fondamental pour les enfants et un devoir pour les adultes que l’éducation retrouve sa lumière après la guerre. L’humanité ne nous laisse pas le choix. Nous ne pouvons qu’espérer qu’elle se relève ; c’est une évidence incontournable, car c’est bien la cause la plus noble pour laquelle nous puissions militer afin qu’elle soit mise en œuvre.


Les jeunes jouent pour les apprenants un rôle de modèle et d’espoir. Ces derniers se tourneront vers eux pour envisager de reprendre l’élan et de rebondir plus haut. Ils ont donc le devoir d’accoilmpagner psychologiquement et moralement les enfants vers une pensée positive de leur réintégration scolaire, tout en les encourageant à apprendre pendant leur temps libre et en les exposant à des informations qui leur donnent encore foi en un avenir prometteur. Il est essentiel d’apprendre à connaître les intérêts des enfants et de les aider à découvrir leurs luttes de vie afin d’y travailler progressivement et d’aspirer à devenir des acteurs du changement.


Qu’est-ce qui est arrivé exactement en RDC ?

En effet, pendant près de trois décennies, l’est de la République démocratique du Congo a été confronté à une déstabilisation sécuritaire causée par des groupes armés nationaux et étrangers, en raison de son attractivité en ressources minières.

Cependant, la fin de l’année 2023 marque la naissance d’un nouveau mouvement politico-militaire, un terme qui le distingue d’un simple groupe armé de brousse animé par une boulimie minière, avec un nouveau mode opératoire : « Faire échec au régime en place ». Rendu public à Nairobi, au Kenya, le 17/12/2023, ce mouvement a réalisé une avancée significative en prenant le contrôle des grandes agglomérations de la partie orientale du pays, dont Bukavu, la deuxième grande ville de cette région. L’assaut a débuté le vendredi 14/02/ 2025 avec la prise de l’aéroport national de Kavumu.

Le samedi 15/02/2025, le repli dit « stratégique » des forces de défense du gouvernement (pour éviter le front en plein centre-ville, selon certaines sources) a laissé toute une journée de vide sécuritaire, entraînant des scènes de « chaos » et de « pillages », ainsi que l’évasion de prisonniers et le « retentissement des balles dans tous les sens », car, les armes étaient ramassées, et ceux qui savaient s’en servir faisaient la loi.

Les habitants ont paniqué en mémoire de ce qui s’était passé à Goma (la ville voisine où l’ONU a documenté plus de 3000 morts) lors de la prise de cette ville. Cependant, le dimanche 16/02/2024, un climat de calme semblait revenir.
Tôt le matin, sur la Route nationale numéro 2, des habitants pouvaient apercevoir de longs fils militaires bien armés. Certains prenaient la colline Camp TV, d’autres se dirigeaient vers labotte (avenue abritant le gouvernorat de province), d’autres encore vers la frontière avec la République du Rwanda, tandis que d’autres se rendaient au camp Saïo (principal camp militaire de la ville).
C’est ainsi que la montagneuse ville de Bukavu est tombée.

Merci pour votre Attention!

Photo : intervention du coach Al Kitenge, notre panéliste lors de la session en présentiel du mois d’octobre 2023 à Bukavu.


Commentaires

Une réponse à « Miriella T-One: La sauvegarde de l’éducation à Bukavu et l’apport des jeunes en temps de guerre »

  1. Avatar de Ben Byamungu
    Ben Byamungu

    Je salue la pertinence de cette plume suscitant la protection avancée de l’enfant pendant l’état de guerre. C’est vrai que le pays traverse les moments les plus pires qu’il ait traversé depuis la nuit de temps, et l’enfant demeure indubitablement la victime expiatoire. La question de la responsabilité civile et pénale des faits infractionnels commis contre l’enfant pose problème à Bukavu et à Goma où les groupes rebelles ont envahi la ville causant des nombreuses violations, l’éducation de l’enfant n’est-elle pas soldée ? Quelles mesures efficaces l’État a prises pour protéger l’enfant et son éducation scolaire et en famille ?

    benbyamungu25@gmail.com, analyste.

    J’aime

Laisser un commentaire